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L'Histoire Commune

Entre temps les deux futurs cristalliers du Mont Blanc se rencontrent. Plus précisément, Franco en automne avait déjà conduit Roberto le long du bassin du glacier du Miage pour publiciser une idée et le convertir à cette philosophie de la recherche des cristaux; dans ce milieu particulier, cette approche, bien que différente, à la montagnes offrira aux deux de grandes satisfactions. Ils commencent ainsi la Compagnie, pris par une passion qui deviendra au fil du temps feu sacré. En arrivant sur le glacier de Pré de Bar, ils trouvent alternativement sur une veine sub-verticale leurs premiers minéraux en fente: fluorines cubiques, bicolores, associées aux quartz hyalins avec galène sporadique, elle aussi cristallisée cubique. Ces champions restent les seuls exemplaires connus trouvés sur le massif du Mont Blanc. La joie est grande, évidemment, mais dès cette première sortie les deux comprennent que ce qui compte est utiliser le jugement: on ne peut pas devenir chercheurs sans connaître à fond le terrain, si imprévisible, incohérent, difficile, parfois impénétrable et dangereux, avec lequel ils devront se mesurer. Tu dois t'arrêter longtemps sous des pentes, occupé à travailler, avec la crainte que le monde te tombe sur la tête puisque tu as créé des vides dangereux. Mais le désir de dévoiler les secrets encore cachés par les rochers et la glace l'emporte, bien que le Mont Blanc ait été parcouru et exploré de temps immémorial. Roby conclut: «les cristalliers seront toujours incompris et leur morale douteuse, car ils vident les montagnes en leur enlevant l'âme et, selon quelques pédants, en baissant leur hauteur (sic!). Mais d'ailleurs si une main divine a créé les minéraux des fentes alpines, (selon les dernières données scientifiques il y a environ vingt millions d'années, pendant la dernière phase de l'orogénie) il est impensable qu'elle ait voulu laisser égoïstement dans des sombres cavités ces parfaites formes géométriques de lumière si resplendissantes et naturellement chargées de "mystère" fascinant.
En 1983, ils fréquentent avec constance le bassin du Fréboudze ou Fréboudges (premiers quartz fumés d'une certaine valeur), en Val Ferret, et le Petit Mont Blanc (roses d'hématite, brookiti), en Val Veny, jusqu'au pied de L'Innominata au-delà du Refuge Monzino, à la recherche des fabuleux anatasi, (octaédrites ou bioxyde de titane) qu'un biellais y avait découvert, comme on aurait su par la suite, à l'Aiguille Jean-Joseph Croux.
En 1984, c'est le tour du Refuge Gonella. Trop de collectionneurs italiens, en partant du cristallier milanais Gualtiero Monistier, au-delà d'autres nombreuses espèces minéralogiques, avaient trouvé dans cet immense glacier pierreux de splendides zéolites, ainsi que des quartz avec inclusion de bissolite etc. Hélas, même si Roberto et Franco fouillent jusque sous les pitons des Aiguilles Grises, ils rentrent à la base sans le moindre cristal dans leur sac; les temps n'étaient pas encore mûrs, c'est le cas de le dire; leur quête exigeait beaucoup de patience. (Entre temps avec un retour de flamme pour l'alpinisme qui arrive parfois, à juillet, Roberto est de nouveau sur l'Emilius avec Osvaldo dans la répétition de leur voie "directe" de 1980 sur la Paroi Nord, où ils ouvrent un nouvel itinéraire légèrement différent et plus direct au sommet, en compagnie de Sandro "Louveteau" Casalegno et de Maurizio Castellan.)
Mais venons à 1985, car pour leur formation de cristalliers le bassin du Triolet sera important. En effet dans la journée Roberto monte avec Osvaldo l'Aiguille de Talèfre de Arnouva par la Crête Est, (voie Emile Rey, que Roberto parcourt sans la voir, étant occupé à creuser comme une taupe le long de tous les 700 mètres, pour s'apercevoir ensuite, rappelé à midi par son camarade, qu'il est arrivé sur la cime); même si la montagne est encore très enneigée, ils comprennent que ce mont est riche en diaclases, veines quartzeuses. Par conséquent ils commencent à l'aborder avec de nombreuses campagnes. Il faut cependant considérer que dans cette zone, comme dans les autres du massif où la géodynamique a été intense, les cristalliers de tout temps, provenant de Courmayeur ou de Chamonix par le Col Pierre-Joseph, avaient exporté des fentes une quantité de matériel incroyable. Seulement grâce à la canicule qui avait déjà réduit des névés suspendus, ils ont pu trouver quelques fentes vierges.
En 1986, an du bicentenaire de la première ascension au Mont Blanc (la deuxième, en 1787, fut réalisée par trois cristalliers de Chamonix en préparation de l'escalade scientifique de De Saussure), Roberto, dans un tour solitaire sur la Face Est de l'Aiguille d'Estellette, découvre presque par hasard un site important. Retournant ensuite avec son camarade Franco, plus intuitif que lui et virtuose de la massette, ils ont la surprise de découvrir un lithoclase stupéfiant à quartz hyalins (avec des cristaux "faden" ou avec une âme, fabuleux). Cette découverte fournira des champions pendant des années. Ainsi, en 1988 vers la fin du mois d'août, joyeux reviennent-ils sur la branche supérieure du glacier du Triolet et de celui-ci vers le Plateau Méridional; avec eux, l'aspirant guide Stefano Grivel de Gressan, seul rescapé, avec Hans Marguerettaz de Courmayeur, de la tragédie des Lyskamm de 1985. L'été est torride et évidemment aussi la tenue du permafrost est insuffisante dans le couloir du versant Sud-Est du Talèfre, où ils doivent absolument se diriger. L'équipe évite une première grêle de glace sur la voie Goedecke (III°+), alors que plus en haut dans le couloir Roberto est atteint au dépourvu par deux blocs tombés à l'improviste d'un névé suspendu, avec ses camarades qui le disent perdu. Au contraire, c'est lui qui, au retour, secourt Stefano, qui a maladroitement glissé sur des dalles, est écrasé par tout son chargement, à plat ventre vers la crevasse terminale, immobilisé et avec la corde tendue comme celles d'un violon. Mais à la fin tout ira pour le mieux. "Une faim de quartz morbide, comme s'il s'agissait d'une belle femme prête à offrir ses charmes" affirme Roberto encore aujourd'hui ému. Cependant, au-delà des blocs de glace, des rochers évités d'un rien et d'autres péripéties qui auraient pu changer leur joie en tragédie, les cristalliers, ce jour, arrivent en bas après minuit, chacun portant plus de 40 kilos de matériel de collection. Peu de jours après, déraisonnables et infatigables, Franco et Roberto refont le même itinéraire pour récupérer d'autres quartz fumés d'un four qui semblait inépuisable; heureusement tout reste calme, imperturbable, même pas le sifflement d'une pierre. La montagne leur a offert, et à des phases différentes de transformation géologique, un scheelite rare, tungstato de Wolframio et calcium, de nombreux quartz gwindel ou hélicoïdaux très recherchés par les collectionneurs, et un gros quartz d'environ 15 kilos, qui sera donné au Musée Régional de Sciences Naturelles de Saint-Pierre.
1989 est la clé de fois pour les deux "aventuriers" de Charvensod qui démontrent de savoir affronter tout genre de situation; à partir de ce moment le jeune alpiniste Hans Marguerettaz de Courmayeur s'unit à eux et ils forment ainsi une équipe formidable opérant dans le secteur méridional du Massif. Hans, qui a réalisé une série interminable d'exploits, avec des voies en solitaire exceptionnelles, entre hypercouloirs, supercouloirs, enchaînements, etc., retarde son passage à guide à cause d'un accident en parapente: avec cet engin inconsistant il regarde de tout près les roches granitiques quand un coup de vent l'écrase contre la paroi. Epouvantable! Mais il se reprend, impatient de retourner en forme pour commencer une collection de minéraux comme il faut. Il donnera pourtant presque tout le matériel du gros four, qu'il avait découvert sur le versant Sud-Est des Aiguilles Marbrées, au Musée Régional, enrichissant ainsi la section minéralogique de ces pièces manquantes. Il gardera cependant d'autres exemplaires remarquables, comme par exemple une fluorine rouge octaédrique centimétrique insérée dans les quartz morions de l'Aiguille de Toula. Dès leurs premières sorties, tout est fantastique pour ces trois vagabonds, regardés avec étonnement et méfiance dans la télécabine: poussiéreux, fatigués et pliés sur les sacs presque toujours remplis au delà de toute mesure. En effet le cristallier doit avoir non seulement l'équipement pour l'alpinisme, mais toute une série d'outils pour creuser; le poids l'éreinte déjà au départ à l'aube; imaginons quand le sort le récompense avec le chargement voulu! Du reste c'est vraiment la difficulté physique qui le distingue d'un simple alpiniste et Roby exclame: "beh aux plus, des "peones!" Cependant, au-delà de ce que les gens peuvent penser, cette sortie demeure inoubliable dans leur esprit pour les évidentes raisons dont on parlait; parfois l'union fait la force. Et les voilà plus bas dans les territoires qu'Hans préfère, au-dessous du Vieux Refuge Turin dans le "couloir des latrines": redoutable endroit de "guet-apens" qui désorientent même les chocards des Alpes quand le vent soulève la poussière. Mais ici, à la limite extrême d'un névé irréductible, de ce granit instable sortent des quartz fumés d'une rare beauté qui pourraient bien paraître dans n'importe quelle collection mondiale; et aussi d'autres minéraux comme les roses d'hématite, la calcite et ceux des terres rares: la monazite et l'allanite dans de minuscules quartz qu'il est bien difficile de trouver dans l'argile ou dans le chlorite. Puis c'est le tour des Marbrées, du Col du Géant, du Grand Flambeau, de l'Aiguille d'Entrèves et ainsi de suite jusqu'au Mont Noir du Peutérey (pirite à la rare symétrie et quartz hyalins avec epitassia de la sidérite). Ils sont aussi descendus en libre directement du Petit Mont Blanc sur le Miage, en suivant les traces des chamois (pyrites cubiques avec quartz et titanites avec adulaire), sur un tracé qui dans le langage de l'alpinisme est peut-être un premier parcours. De nouveau sur le Talèfre (fluorines octaédriques roses avec des quartz fumés; eux aussi iront au Musée, qui était dépourvu de ce minéral recherché, à la forme pyramidale). Encore à l'Estellette, où Hans descend Roberto par une paroi dépassant 60/70 mètres, avec une grande plaque d'environ 65 kilos sur le dos et la crainte que la corde, amincie par le chargement excessif, puisse se rompre. Il se demande encore, faisant semblant de l'ignorer, pourquoi il souffre d'un terrible mal au dos. Mais avec la satisfaction d'avoir donné au Musée ce bloc. En 1990 l'équipe est sous les Monts Rouges du Peutérey (quartz hyalins tabulaires géminés avec de la cérusite); puis au Pic de le Brenva (quartz fumés faden et fluorine octaédrique verte). Hans devient guide de montagne et pilote de planeur.
En 1991 ils se rendent sur la "gencive" de la Dent du Géant où Franco attend anxieux ses camarades qui descendent sur l'escarpement (Périades); ayant dépassé l'épaule supérieure Est, ils se déplacent sur le versant Nord et, après un brève traversée, ils stationnent sur l'arête Nord-Est à un tir de corde du sommet. Ici Hans, les jambes pendantes, travaille avec le pied-de-biche et le croc, dans la cavité cristallisée (quartz morions dont un stupéfiant exemplaire avec des quartz à grappe dépassant 40 centimètres de hauteur). Ils remplissent les sacs et, ayant récupéré le butin, ils descendent en rappel équipant le parcours sur un précipice de 800 mètres. Ce sont des descentes émouvantes et à couper le souffle, aussi au sens propre du mot, à cause du poids. Puis en équipe, ils affrontent à plusieurs reprises un endroit parmi les plus sauvages du Massif: la Pointe Yeld, le glacier des Périades sur la Face nord-nord-ouest de la Dent, où certaines dalles restent sur place par miracle. Il s'agit d'un milieu terrible aux rares passages humains dès l'époque de la caravane Zimmer en 1900.
Finalement le 7 septembre 1991, avec le groupe éparpillé sur l'Aiguille de Talèfre, Roberto, qui se trouve sur une belle et forte pente gelée de la variante Luigi Carrel (versant Est), est victime d'un terrible accident au dénouement heureux.Pour éviter un rocher surplombant, il tombe dans un couloir pour des dizaines de mètres en s'arrêtant grâce à une protubérance granitique qui lui sauve la peau. Il s'en tirera, presque dénudé, avec la fracture de la malléole du pied gauche et des excoriations superficielles sur tout le corps. Cela lui servira de leçon en lui enseignant à chausser les crampons, tenir le piolet en main, mettre le casque, même s'il cuit le cerveau ("pire que ça!", dit-il), et à affronter les aventures avec un minimum de sûreté, conscient du danger. Mais on doute sérieusement que ce drôle de type respecte toujours ces règles essentielles. Toutefois en 1992, après avoir oublié cette épouvante, il est avec Hans au Col Savoie (gwindel et quartz hyalins). Ils descendent en cordée de la "brèche" des Monts Rouges de Triolet, traversent en zigzag le glacier et s'arrêtent au bord d'un îlot rocheux vers la Pointe Isabella. Hans commence à descendre Franco de l'autre côté et, sur une saillie à une trentaine de mètres du glacier sous-jacent, leur camarade en attente fait une découverte exceptionnelle dans une fissure presque verticale et pleine de terre. En effet en travaillant avec les crocs et les grappins, il extrait une pièce avec deux pyramidaux cristallins, au dessus de la meme, vert clair dont un centimétrique. Quand les trois se trouvent sur cette petite saillie dont ils admirent la beauté, ils ne comprennent rien à la nature de ce qu'ils ont trouvé. (* Il s'agissait d'un minéral des terres rares: la Kainosite, unique pour le Mont Blanc et disputée par la suite par différents Musées Alpins.) Ensuite ils sont déposés par l'hélicoptère, grâce à l'intérêt de Noussan, dans la dépression entre le Mont Greuvettaz et l'Aiguille de Leschaux. Ils bivouaquent là-haut dans la tentative de récupérer du matériel; même chose près du bivouac de la Brenva. Hans aussi maintenant est frappé par le « virus » de la minéralogie et désire organiser dans son village la première "Exposition Marché" du minéral et du fossile, événement qui se déroulera le jour de Noël.
En 1993, sur une variante de Hans (dièdre de 40 mètres à côté de la voie Goedecke de 1975) de la Crête Sud-Est du Talèfre, Franco, Roberto et Giorgio Lale Murix de Saint-Pierre, en travaillant dans un ancien four, arrivent à en extraire quelques plaques farcies de quartz adamantins, d'environ 35 kilos chacune. Elles seront exposées, avec des livres anciens sur ce sujet, à la deuxième bourse que Hans organise pour la dernière semaine d'août. Franco, Giorgio et Dario Vighetti d'Aoste défoncent un autre diaphragme là-dessus, sur la lithoclase de l'Estellette, qui leur fournit des pièces merveilleuses avec un faden de 27 cm. Vers la fin de septembre, Hans et Roberto partant du Col Supérieur de Savoie effectuent des recherches sur l'arête Sud-Sud-Ouest de l'Aiguille. Quant à cette voie on savait qu'elle avait était faite par une seule cordée en descente; jamais en montant.
Et nous voilà en 1994: les deux jours de fin juillet que Roberto passe avec Hans à la Dent de Jétoula sont dignes d'intérêt. Ici en effet après une descente de 60 mètres sur le versant Rochefort, où son camarade, lors d'un tour solitaire avait trouvé de nombreux gwindel morions et presque tous en matrice, Roberto inquiet ne peut se passer d'admirer ce four imprenable suspendu dans le gouffre et encore plus l'habilité indicible et le courage de son ami, qui est aussi d'une extraordinaire humilité. Après un bivouac à la belle étoile, le lendemain ils descendent en longeant la Crête Sud (voie Gigi Panei), mais sans résultat, jusqu'à la la base du Glacier du Mont Fréty. Puis, arrivant au Refuge du Pavillon, Hans lui communique la possibilité d'exposer leurs pièces le long du parcours de la télécabine, ayant obtenu la permission du Comte Titta Gilberti. Il craint cependant le sabotage de la troisième exposition des minéraux, à la suite d'un dur contraste avec le maire sur des problèmes de nature politique concernant les Vallées Vény et Ferret. "Celui-là, peu de temps après, probablement irrité, fait les démarches nécessaires au décret qui interdira la récolte des minéraux dans le territoire du Mont Blanc, dont il a compétence territoriale", expliquent les deux (* * plus ou moins ce qui était déjà en vigueur à Bellecombe et à Banchette dans les communes de Châtillon et de Montjovet, où il était allé se renseigner). Le 14 août Hans est de nouveau avec Roberto sur la terrasse de Pointe Helbronner: ils veulent aller à la Dent du Géant, mais, à cause d'une chute de neige, ils descendent vers la Vierge le long de l'éperon septentrional du Petit Flambeau et, vers sa base, sur une terrasse, ils trouvent de rares quartz hyalins avec de la laumontite, hauts plus de vingt cm. La joie est exaltante! Comme toujours dans ces cas ils s'étreignent, sans savoir que ce sera malheureusement la dernière fois et le dernier rendez-vous de Hans avec la montagne. Heureux, ils enveloppent minutieusement les meilleures pièces, laissant les autres en prévision d'un éventuel retour et ils remontent le long du cimeterre neigeux, (voie qui n'avait probablement jamais été parcourue) gagnant vite la télécabine. Le lendemain Hans participe à la fête des guides et, le 21, à cause de sa passion pour le vol libre, de retour du Val d'Ayas il s'écrase avec son planeur sur le clapier méridional du Mont Tantané, près de La Magdeleine. Il n'avait que 30 ans et il est toujours difficile de comprendre et d'accepter; c'était un vrai professionnel dans tous les domaines. Sa perte a laissé un grand vide dans le milieu minéralogique de la Vallée d'Aoste et dans la petite ville de Courmayeur où la tradition des cristalliers est fort enracinée et cette mort est irréparable.
"Les cristaux, c'est une étincelle de pureté", disait le guide cristallier Georges Bettembourg et il ajoutait: "il est anormal de passer une vie à la montagne sans voir des cristaux"
L'exposition marché sera organisée par les amis de Hans Walter et André Grivel, mais malheureusement elle cessera d'exister en 1996.
En 1995, il y a un grand événement culturel au Centre Saint-Bénin d'Aoste: l'exposition "Les Dents de la Terre", sponsorisée par la Région Vallée d'Aoste, à laquelle le Groupe Minéralogique "Les Amis de Berrio" participe passionnément, collaborant ensuite avec le collectionneur français Dr. Eric Asselborn pour sa "Minéralogie de Chamonix."
Ensuite, en 1996, Franco et Roberto aidés par le géologue Paolo Castello projettent leurs diapositives « Les cristalliers se racontent» au Jardin de l'Ange de Courmayeur, espace qui leur est donné par l'ami de Franco Henry Truchet. Entre temps on est en pleins préparatifs pour l'ouverture du "Musée des Cristaux" sous la terrasse des glaciers de Pointe Helbronner, et Massimo Rey les charge de remplir une première vitrine. Ils retournent donc à la Vierge récupérer les quartz laissés en '94, et ils les exposent avec d'autres minéraux et avec des photos de leurs recherches.
C'est comme ça qu'en septembre 1997 naît la salle des cristaux la plus haute d'Europe, dédiée à Hans, sponsorisée par la Région et fortement voulue par la Société Funivie del Monte Bianco pour couronner cette idée du feu Comte Titta Gilberti; les visiteurs de la Pointe Helbronner auront un sujet d'intérêt en plus. Eh bien, dans la salle on répartit les pièces: au centre les échantillons alpins du Musée de Minéralogie de Turin (présidé par le géologue Giorgio Peyronel) et, le long des parois, ceux du Massif du Mont Blanc trouvés par les deux cristalliers de Charvensod qui, à partir de l'année suivante, combleront aussi les vides laissés. Le 3 octobre, Roberto avec le guide de Courmayeur Mario Mochet (ancien cristallier) affronte en journée l'ardu éperon des mineurs, à l'Est du Col Infranchissable et ils rentrent au Lac Combal avec une première documentation photographique du tracé et de l'intérieur de la caverne (choses jamais vues avant), dévoilant enfin la nature du minéral argentifère: c'est-à-dire que la gangue de la galène n'est pas fluorhydrique, (contrairement à ce que le géologue Ercole Martina avait écrit en 1963 dans le Guide C.A.I/ T.C.I - Club Alpin Italien/Touring Club Italien- obtenant de vastes consentements), mais que c'est simplement de la blende (sulfure de zinc). Il aurait pourtant suffi de consulter la relation écrite par Felice Giordano en 1864. Voir: Rivista Mineralogica Italiana, 1999 ; Minaria Helvetica, 1999; le catalogue «Cristaux et Minéraux en Vallée d'Aoste », 2004 et le catalogue «Mineralientage», Munich 2010.
En 1998, à la suite d'un détachement désastreux d'un pilier sur la crête Sud-Est, le Talèfre ooffre d'autres fluorines octaédriques roses avec les quartz fumés, bien loin cependant des rouges voyantes du secteur français.
En 1999 ils font une première importante découverte de stilbites, quartz et d'autres zéolites comme la laumontite, l'eulandite et le cabazite sur les parois donnant sur le glacier du Dôme, pas loin du Refuge Gonella et, autour des talus, ils trouvent de remarquables quartz verts avec de la bissolite. Ils rencontrent ici leur ami Alexis Ollier, gardien du refuge: l'un des meilleurs guides des années Soixante/soixante-dix, bon cristallier, chasseur avec son frère Attilio, ainsi que précurseur du secours alpin.
En 2000 à l'occasion du 150° anniversaire de leur fondation, les guides de Courmayeur invitent à leur Fête du 15 Août Franco et Roberto qui portent un quartz dont ils font cadeau au Président de la République Carlo Azeglio Ciampi, en visite dans la petite ville de montagne. Pendant l'été Franco, avec le jeune Luca Mochet, trouve, à la place juste et au moment juste, un four exponentiel rasant la glace sur le Versant Sud-Ouest des Aiguilles Marbrées: il est difficile de quantifier le contenu de ce gisement, mais les fumés sont sans doute de valeur et il y a aussi différents épidotes et gwindels adamantins.
Le 15 octobre 2001, Franco vit le moment le plus dramatique de son existence parce qu'il veut remettre la main sur son trou aux Marbrées, tout en sachant que ce site est maintenant devenu une tranchée comme dans la "Bataille des Ardennes"; de toute façon Roberto l'accompagne et, à travers le Glacier du Géant, ils sont vite à la base; vu la situation de table rase et la quantité de matériel emporté, pour ne pas retourner en arrière et malgré les importantes chutes de neige précédentes, ils décident de monter sur la pente en face, comme promenade d'agrément. Quand il est sur l'arête, en effet, Roberto en profite pour escalader la Pointe Payot: toujours déliés et chacun pour soi, comme d'habitude pour la recherche, connaissant chaque pierre de cet endroit. Pendant la descente sur le versant opposé, c'est-à-dire le long de la crête qui mène au Col de Rochefort, entre une petite brume qui allait et venait et avec un vent de tramontane qui aurait transi un esquimau, Franco qui se trouve à un mètre de son camarade, tombe dans un canal heureusement plein de neige, (après un premier violent impact sur les roches suite à une chute d'environ 3 mètres) où il roule rocambolesquement sur des dizaines de mètres. Difficile à croire si l'on connaît le milieu, il ne va pas se cogner aux roches pointues, mais il s'enfonce dans un providentiel vallonnement et son sac disparaît dans les méandres du glacier sous-jacent. L'angoisse et la peur incomparables de Roberto ne s'évanouissent qu'au moment où il s'assure des conditions de son ami fraternel. Franco s'en sort avec 9 côtes fracturées et différentes lésions. Est-ce qu'ils ont ainsi payé au Mont Blanc leur tribut pour lui avoir pillé tous ces trésors? Et ils peuvent encore remercier les dieux qui n'ont pas été plus fâchés que ça.
En 2003, après les campagnes avec les amis de Tet des alentours à l'Alpe des Frasse dans la concession à grenats hessonites en Val de Susa, Roberto est invité à exposer ses pièces choisies à la "Fondation Tissières" de Martigny avec les cristalliers du Valais. Entre temps Franco, en tant que président de l'association, se prodigue pour obtenir de la part du président du conseil Roberto Louvin une permission spéciale pour emporter, en collaboration avec le Musée Régional, les splendides vésuviennes du mur des Banchette, ce qui arrive ponctuellement. Du reste, à ce propos, déjà avant le Président Dino Viérin avait toujours accordé la permission, "comprenant avec clairvoyance que tous ne sont pas des criminels tue-pierres bons seulement à réveiller les démons, mais qu'il y a des collectionneurs qui gardent les minéraux en divulguant science et culture sans faire trop de bruit et de commerce", affirment les nôtres. C'est bien pour ça que des pièces de Roberto et Franco sont exposées du Nord au Sud de la Doire Baltée: difficile d'en trouver d'autres qui le fassent, mais on sait que Les Amis de Berrio sont peu nombreux et que politiquement ils ne comptent donc pas grand chose. Voilà, partant, le guide Aldo Cambiolo de Valpelline qui met en sûreté ce chantier insolite sur les Banchette (Rodo).
C'est avec lui que, pendant l'été, ils retournent dans l'endroit des super-stilbites sphériques et nacrées et que, finalement, après plusieurs jours de fouilles inhumaines à plus de 3000 mètres, ils sont gratifiés par une poche cristallisée effondrée pour plus de trois mètres entre la glace et le matériel inerte de cette roche métamorphique: il s'agira, au-delà des autres minéraux accessoires déjà mentionnés, des plus belles pièces des Alpes. Aussi le Musée les aide et, avec les autorités préposées, le corps forestier, il leur accorde un vol en hélicoptère pour transporter le sac avec tout le reste du matériel, y compris une plaque dépassant 70 kilos qui ira au musée de Saint-Pierre. (* * * Aujourd'hui en restauration et on espère que les MINÉRAUX auront un emplacement convenable à l'intérieur du château et non plus au guichet et près des toilettes.) Maintenant nous devons passer sur leurs autres découvertes, faute d'espace et pour ne pas vous ennuyer retournons aux succès qui ont couronné leur longue carrière. En effet en 2004 Roberto expose pour la deuxième fois à Martigny. A juin avec le Groupe Minéralogique, exposition "Cristaux et Minéraux en Vallée d'Aoste" au Musée Archéologique d'Aoste, événement pour lequel il faut remercier surtout l'adjoint à la Culture Teresa Charles. Le 21 août, pour commémorer le dixième anniversaire de la mort de leur camarade Hans, ils organisent une projection de diapositives au Jardin de l'Ange (la troisième). Alors que, pour la dernière visite du Pontife Pape Wojtyla à Introd, on leur demande un cristal de roche, symbole de pureté et de l'inaccessibilité des montagnes, pour Lui en faire cadeau. Mais est-ce qu'on Lui aura dit sa provenance? Au moins pour avoir une petite recommandation pour le Paradis.
En 2005, Franco est interviewé par les guides Hervé Barmasse et Pietro Giglio, pour l'émission "Ici Montagnes" (RAI 3 Région).
Franco saisit l'importance de la troisième exposition à Martigny, concernant le tunnel du Simplon, et il y participe secondant ainsi le désir du collectionneur suisse Alexander Saltzman. En 2006, la Région les appelle de nouveau, pour aménager une vitrine de minéraux dans le naissant Musée du Fort de Bard, où ils exposent dans l'espace dédié au grand John Ruskin une considérable druse de quartz fumé trouvée aux Marbrées. A mars, suite au succès international de l'exposition au Musée Archéologique, Franco et Roberto sont invités à exposer leurs meilleures pièces du secteur Méridional du Massif au "Mineral Show" de Bologne, ayant pour sujet le Mont Blanc. La saison se conclut par l'invitation de la part du "Club de Minéralogie" de Chamonix à l'inauguration de son magnifique Musée. En 2007, encore une invitation à la fête des guides de Courmayeur parce qu'ils ont inséré, avec d'autres cristalliers, des minéraux et, surtout, un quartz hyalin de Hans de 6 kilos de poids, provenant du Bec de l'Aquila (la seule pièce que sa veuve Joanne Grey avait donnée pour l'exposition à la Pointe Helbronner), au-delà de photos qui l'immortalisent en recherche. Une exposition intelligente, organisée par Luciano Maregliati, Pierino Rey et Luca Mochet. Au début d'août 2009, pour la 42° "Exposition Bourse internationale Chamonix Mont-Blanc" ils préparent deux vitrines spéciales avec les collections des meilleures pièces: on les remercie ainsi de leur présence assidue lors des réunions de fin d'année, auxquelles ils participent pour entendre les "nouvelles" et pour la "cotisation", maintenant plus que vicennale et, de la sorte, on honore et on fait connaître les minéraux de l'autre versant, presque toujours snobés.
En automne 2010, après la visite à Plan Félinaz de l'organisateur de la Bourse internationale de Munich, M. Keilmann et du journaliste du Haut-Adige M. Wachtler ils ont la belle satisfaction, longtemps poursuivie, de pouvoir exposer les fruits de leurs fatigues avec les meilleurs cristalliers des trois états autour du Mont Blanc. Que dire de cette manifestation allemande qui a plus de 200.000 visiteurs? Ils sont couronnés par le succès et le site de Roberto compte plus de 275.000 visites en peu de temps.
En 2011 la Région leur demande de prêter deux gros quartz libres qui, avec les piolets Grivel, vont à Rome pour le 150° Anniversaire de l'Unité de l'Italie et paraît-il, même à Washington.
Pour l'inauguration de l'exposition de Riccardo Chatrian ("L'orfèvrerie en Vallée d'Aoste") à la Bibliothèque Régionale, Espace "Porte Documana", au-delà de l'or natif de la mine de Brusson, ils préparent différents cubes avec de nombreux cristaux de quartz aux formes et aux couleurs les plus variées.
A la Pointe Helbronner, pour les travaux de démantèlement en vue de la nouvelle télécabine, ils sont aidés par le personnel à vider les vitrines, les démonter et les réaménager dans une petite salle au Pavillon du Mont-Fréty mise à leur disposition par Roberto Francesconi; ici les minéraux de Roberto et Franco, après environ 14 ans où les visiteurs ont été innombrables, seront encore exposés en attendant une nouvelle place, qu'on espère moins étroite. C'est tout, pour le moment...

 
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